L'Art du vitrail

Nolwenn de Kergommeaux, maître verrier d'exception, perpétue un savoir-faire ancestral dans son atelier parisien Au Passeur de Lumière. Avec ses équipes, elle travaille pour Rinck et réalise des vitraux sur-mesure spécialement dessinés pour certains de nos projets d'architecture intérieure. En façonnant le verre pour capturer et sublimer la lumière, ses créations apportent une touche intemporelle et lumineuse aux espaces qu'elles habillent. Découvrez-en plus sur son art dans cette interview.

Dans son atelier parisien Au Passeur de Lumière, Nolwenn de Kergommeaux travaille une matière que l’on croit immobile. Le verre ne se plie pas, il ne pardonne pas, il révèle. C’est un matériau de lumière, de patience et de précision, qui demande de ralentir pour comprendre sa logique. « Le vitrail n’est jamais un simple décor. Il existe par ce qu’il laisse passer. »

Le cœur du métier se situe loin de l’imaginaire des vitraux anciens. Ici, les projets s’inscrivent dans l’architecture contemporaine. Les formes se simplifient, les transparences s’étirent, les nuances s’accordent aux volumes. Le geste consiste à faire dialoguer un dessin existant avec la lumière du lieu où il s’installe. « Un vitrail peut adoucir un espace. Il ne doit jamais prendre la parole à la place du lieu. »

L’artisanat commence lorsque le dessin arrive à l’atelier. Nolwenn ne “réinvente” pas le motif. Elle l’observe, puis le traduit en langage matériel : choix des verres, textures, nuançage, épaisseur. L’atelier procède par couches successives, parfois invisibles, parfois décisives. Le verre découpé s’aligne, le sertissage s’ajuste, le plomb forme une partition. Chaque section est contrôlée, recalibrée si la lumière s’y brise trop vite ou s’y perd.
« Notre rôle n’est pas de corriger le dessin, mais de lui donner de la matière. »

Ce dialogue entre dessin et matière prend tout son sens lors des collaborations avec Rinck. L’architecture intérieure impose un contexte très précis : circulation, perspectives, rythme des volumes, intensité de la lumière naturelle. Le vitrail ne devient jamais un tableau figé. Il s’intègre comme un seuil ou une respiration, capable de guider la marche, d’amortir un passage, de moduler une ambiance.

Dans le projet François Premier, cet équilibre s’est incarné à l’entrée de l’appartement. Le motif n’est pas né au sein de l’atelier de Nolwenn : il provient du studio Rinck, imaginé par Bertille Goux pour une collection textile, puis redessiné par Clément Platret pour l’intégrer à l’architecture intérieure. L’atelier Au Passeur de Lumière l’a ensuite traduit en verre, sans en altérer la composition.

Le temps de l’atelier est exigeant. Les gestes se succèdent entre coupe, sertissage, soudure, oxydation, nettoyage. Ce n’est jamais un processus automatique : chaque ajustement peut remettre en cause l’équilibre obtenu. La cuisson stabilise certains assemblages, mais reste une étape de risque, une variation minime altère une intensité chromatique, fragilise un angle, modifie une réflexion.

« Ici, nous ne dessinons pas à la place des architectes. Nous écoutons leur intention, et nous cherchons comment la lumière peut la rendre lisible. Pour François Premier, le vitrail devait être une respiration. Pas un tableau accroché au mur, mais une surface qui laisse passer la lumière. »

Lorsque l’ensemble prend forme, l’objet n’est pas encore une pièce architecturale. Il faut l’installer, comprendre comment il réagit au lieu. Les variations lumineuses de la journée modifient sa lecture : le motif se révèle à certains moments, s’efface à d’autres. Le vitrail n’est jamais le même face au soleil du matin ou à la lumière diffuse du soir. Ce temps-là n’appartient ni à l’artiste, ni à l’artisan, il appartient à l’espace qui l’accueille.

C’est peut-être cette relation silencieuse qui incarne le mieux l’art du vitrail contemporain : un travail où la main n’est jamais là pour signer, mais pour rendre lisible une intention. Donner du volume à un dessin, canaliser la lumière, offrir une respiration. Et laisser le verre faire ce qu’aucun autre matériau ne sait accomplir : révéler l’espace.

Lire plus d'articles

Entre créativité & maîtrise du geste

Bertille Goux, designer chez Rinck, nous parle du travail de recherche sur les matières et les finitions, dévoilant les coulisses de la création. Entre ambitions esthétiques et contraintes techniques, elle partage son dialogue constant avec les artisans de nos ateliers, leur expertise et leur capacité à donner vie à notre vision. Une exploration du mariage subtil entre innovation et savoir-faire, où chaque finition devient une signature.

Rinck X Thevenon

Imaginés par le studio de design de Rinck, la collection de tissus Rinck x Thevenon a comme support d’inspiration le croisement de plusieurs archives de la maison.

Du papier peint cubiste déniché dans une revue des années 1930, au panneau de verre églomisé présenté par Rinck à l’exposition universelle de New York en 1939, en passant par des frises de marqueterie retrouvées sur des bureaux réalisés par Rinck, ces inspirations ont été accompagnées d’un même fil conducteur : la volonté d’y intégrer la nature.

L'Art de la Céramique

Découvrez le travaille de la céramiste Pauline Krähenbühl, qui a participé à la réalisation d'une pièce de la collection Opus Memoria.

Elégance intemporel et art de vivre parisien

Situé au cœur de Paris, dans le quartier du Faubourg Saint-Honoré, cet appartement niché dans un immeuble haussmannien incarne l'élégance intemporelle de l'architecture parisienne.

Le projet de rénovation a consisté en une restructuration complète de l'enveloppe intérieure, alliant la mise au goût du jour des codes d'un appartement classique à la sélection et la création sur-mesure de mobilier contemporain.