Bien avant que l’Orient Express ne prenne la mer avec le Corinthian, les grands paquebots avaient déjà fait du voyage un territoire d’invention. À bord de ces géants de l’Atlantique, l’architecture, les arts décoratifs, l’ingénierie navale et l’art de recevoir se rencontraient dans un même dessein : transformer une traversée en expérience totale.
Ces navires n’étaient pas seulement des moyens de transport. Ils étaient des manifestes flottants. Des architectures en mouvement. Des villes miniatures lancées sur l’océan, où l’on mangeait, dansait, dormait, écrivait, conversait, regardait la mer et se regardait vivre. Dans leurs salons, leurs fumoirs, leurs salles à manger ou leurs cabines de première classe, les compagnies maritimes mettaient en scène bien davantage que le confort : elles affirmaient une idée du goût, du progrès, du prestige national.












