Rinck x Arnold d’Alger, la présence du geste

Pour sa seconde participation au PAD London, Rinck présente une série de céramiques uniques réalisées avec Arnold d’Alger. Du petit vase aux grands formats, cet ensemble prolonge un dialogue autour de l’ornement et de la matière, et donne à la main de l’artiste une place visible parmi les collections de la maison.

La collaboration commence par une rencontre personnelle. Après avoir découvert le travail d’Arnold d’Alger, Valentin Goux lui confie un décor sur mesure pour son appartement parisien. Une amitié se noue, suivie de plusieurs projets, dont l’ornementation de la cheminée du salon privé de la galerie Rinck, rue de Beaune.

Pour cette intervention, dévoilée lors de l’ouverture de la galerie en janvier 2024, l’artiste puise dans les archives de bronzes de la maison. Les modèles historiques lui offrent des courbes et des rythmes qu’il redessine selon sa propre écriture. La cheminée porte ainsi une trace de l’histoire de Rinck tout en faisant place à une interprétation contemporaine.

Valentin Goux, Président et directeur artistique de Rinck, au côté de l'artiste Arnold D'Alger sur le stand Rinck du PAD London

Valentin Goux, Président et directeur artistique de Rinck, au côté de l'artiste Arnold D'Alger sur le stand Rinck du PAD London

« Nous partageons le respect de l’objet ancien, non comme une relique, mais comme un point de départ. » Valentin Goux, Président et directeur artistique de Rinck

Avec le PAD London, ce dialogue prend une autre dimension. Après une création inscrite dans l’architecture d’un lieu, Rinck souhaite laisser Arnold construire un ensemble de céramiques qui existe pour lui-même.

La maison intervient en tant qu’ensemblier, en pensant le choix des formes, leurs dimensions et leur place auprès du mobilier. Le décor appartient à l’artiste. Les matières et les couleurs des collections constituent un cadre de travail partagé, au sein duquel son dessin peut se déployer librement.

Les formes réunissent des objets trouvés ou chinés, familiers de la pratique d’Arnold, et de grands volumes réalisés spécialement pour le projet. Des histoires déjà présentes rencontrent ainsi des surfaces nouvelles, encore ouvertes au geste.

L’ensemble se découvre à plusieurs échelles. Les petits vases invitent à s’approcher pour suivre un trait ou observer une superposition de couleurs. Les pièces de plus grande dimension prennent place auprès du mobilier et participent à la construction de l’espace.

Cette variation permet au dessin de changer de registre. Sur certaines céramiques, il accompagne les courbes, suit la panse et se prolonge vers le col. Sur les grands formats sombres, la surface est abordée presque comme une toile, accueillant une composition plus picturale.

Paysages, motifs floraux, végétaux et compositions libres traversent la série. Leur unité tient à l’écriture d’Arnold, à sa manière de poser le trait et de lui laisser sa spontanéité. Selon Valentin Goux, les fleurs de son jardin, notamment les dahlias, ont également nourri certains motifs végétaux : une référence intime au sein de cette collaboration.

Le bleu et le blanc offrent un premier ancrage dans l’histoire de la céramique. La palette s’élargit ensuite au contact des collections Rinck. Les bruns répondent au bois et au bronze ; le noir fait écho à la laque ; les verts profonds introduisent d’autres correspondances entre objets et mobilier.

Dans ces décors, la main reste perceptible. Les traits se superposent, les couleurs se rencontrent, les irrégularités demeurent. Au milieu de pièces où la précision des savoir-faire tend à effacer les étapes de fabrication, les céramiques rendent le geste immédiatement sensible.

La céramique apporte ainsi une autre manière de regarder la matière. Elle conserve, dans la pièce achevée, la trace du travail de l’artiste. Chaque surface invite à observer autant le dessin que la façon dont il a été posé.

« Les superpositions, les reprises, les irrégularités du trait sont la preuve d’une présence. » Valentin Goux, Président et directeur artistique de Rinck.

Ces créations occupent une place ouverte entre œuvre et objet d’usage. Certaines peuvent accueillir des fleurs ; toutes sont conçues pour retenir le regard et trouver leur place dans un intérieur.

Valentin Goux en parle ainsi : « Je les considère comme des pièces de collection, au même titre que notre mobilier. »

Présentées au sein de la sélection Rinck au PAD London, elles participent à une composition où mobilier, luminaires, matières et interventions artistiques se répondent. Leur présence prolonge le rôle d’ensemblier de la maison : concevoir un décor dans son ensemble, en donnant à chaque objet et à chaque savoir-faire une place dans l’espace.

Rinck · depuis 1841
L’Assistant Rinck
Échange confidentiel