L’architecture intérieure chez Rinck ne cherche pas à imposer une vision. Elle s’installe dans une réalité : un lieu, une circulation, une manière d’habiter. Lorsque nos architectes parlent de leur travail, ce n’est jamais en termes de style ou d’identité, mais d’espace. Avant d’intervenir, ils regardent comment un appartement respire, où la lumière s’attarde, à quels endroits elle s’épuise, quels gestes quotidiens doivent être facilités.
Le dessin vient ensuite, comme une langue partagée. Le croquis traduit une intention, le plan organise un usage, le détail technique anticipe la main de l’artisan. Rien n’est décoratif ; tout s’articule autour d’une question simple : comment l’espace va-t-il accueillir la vie ? Une corniche déplacée, une porte alignée, une hauteur réajustée : des décisions modestes, mais déterminantes, souvent invisibles pour le visiteur, et pourtant essentielles à la cohérence d’ensemble.
Cette modestie structure le travail du studio. Dans chaque projet, le mobilier intégré n’est pas un objet que l’on rajoute, mais un prolongement de l’architecture. Une tête de lit devient une surface qui absorbe le calme ; une boiserie devient une manière de ralentir le regard ; un soubassement guide la marche plus sûrement qu’une signalétique. Comme le dit Valentin Goux, “le dessin n’existe pas pour se montrer, il existe pour que la pièce fonctionne”.