Du 9 au 12 avril | Grand Palais | Stand J 9

Habiter un paysage intérieur

Du 9 au 12 avril, au Grand Palais, Art Paris 2026 accueille une nouvelle édition où le design dialogue avec l’art contemporain. Pour cette deuxième participation, Rinck dévoile une scénographie pensée comme une traversée dans laquelle se déploie un paysage d’objets où mobilier, sculpture et architecture intérieure se répondent dans une composition immersive. Sur trois estrades aux formes organiques, les pièces apparaissent comme autant de présences, invitant le regard à circuler, à s’attarder, à ressentir.

Inspirée d’un imaginaire antique, la scénographie compose un environnement où les objets prennent une dimension presque architecturale. Stèles, colonnes, volumes sculpturaux : certaines pièces semblent dialoguer avec un vocabulaire classique, tout en s’inscrivant dans une écriture contemporaine.

Présenté dans la section French Design Art Edition, le stand rassemble une sélection de pièces issues des collections Nereus, Amarante, Hébé et Passage, déployées comme autant de fragments d’un paysage intérieur.

Au cœur de cet ensemble, le cabinet Nereus s’impose comme une pièce manifeste.
Ses lignes ondoyantes, sa marqueterie inspirée des courants marins et ses reflets changeants traduisent une recherche autour du mouvement, de la lumière et de la profondeur.

Dans la scénographie, les correspondances se multiplient : la marqueterie du cabinet répond aux reflets du miroir, les bronzes ciselés captent la lumière, tandis que la bibliothèque rythme l’espace comme une succession de vagues figées. Comme le souligne Bertille Goux :

« C’est une conversation constante entre l’intuition créative et l’expertise des ateliers. On part d’images, d’idées, parfois même de choses impossibles, et c’est dans cet échange que naissent les formes. »

Dans Nereus, cette dynamique donne naissance à des pièces où la matière semble presque vivante, comme traversée par un mouvement invisible.

Au centre de la scénographie se dresse La Nuit, œuvre de Simon Buret.

Élancée, silencieuse, presque hiératique, la sculpture agit comme un point d’ancrage.
À mi-chemin entre corps et paysage, elle déploie ses ailes dans un geste à la fois protecteur et enveloppant.

« Avec La Nuit, il ne s’agissait pas de dessiner un objet, mais d’incarner un fragment de vie, de rêve, de silence aussi. »
— Valentin Goux

Inscrite dans l’univers de la collection Opus Memoria, elle dépasse la notion d’objet pour devenir une présence — une forme ouverte, où le vide devient matière.

Avec cette installation, Rinck affirme une vision des arts décoratifs comme territoire de dialogue.

Mobilier, sculpture, architecture intérieure : les frontières s’effacent au profit d’un langage commun.
Chaque pièce participe à une narration plus vaste, où références, matières et gestes se répondent.

Pendant toute la durée de la foire, la galerie de la rue de Beaune prolonge cette immersion, dévoilant une nouvelle scénographie qui met en scène une sélection de pièces issues de la collection Opus Memoria.